26 juin 2022

Hêtraie cathédrale, patrimoine historique et paysager de la forêt de Soignes

Notre forêt de Soignes est essentiellement connue pour sa hêtraie cathédrale. Mais qui peut dire aujourd'hui, parmi les promeneurs et utilisateurs de la forêt, ce que signifie réellement cette appellation, ou pourquoi, comment, quand et par qui ce type de peuplement* a-t-il été créé?
Dans une large mesure, le promeneur sait que nos peuplements de hêtres résultent de vastes plantations datant de la période autrichienne et poursuivies ensuite. Mais beaucoup d'entre eux pensent que le hêtre ne serait présent en forêt de Soignes que depuis cette période, qu'il aurait été importé par les Autrichiens.

Essayons d'y voir plus clair


Comme expliqué dans la rubrique "Histoire & Patrimoine" et dans un précédent article, la forêt de Soignes telle que nous la connaissons aujourd'hui est ce qui reste d'un massif forestier présent dans notre région depuis la préhistoire. Lorsque, à la fin de la dernière glaciation (10000 ans), la forêt a pris place à la suite de la steppe et la toundra, le chêne a longtemps été l'essence* dominante de nos forêt. A la faveur de l'exploitation des chênes au Moyen-Âge et du climat atlantique de nos région, le hêtre s'est progressivement imposé : de tempérament sciaphile* dans le jeune âge et bénéficiant de l'ombrage des autres essences - le chêne dans ce cas-ci, dont le feuillage permet à la lumière d'atteindre le sol - le hêtre va se développer à l'ombre de la futaie* claire. Mais ce dernier présente deux caractéristiques qui vont lui offrir un net avantage face au chêne : il pousse plus vite, plus haut et son feuillage est plus dense, son houppier peu perméable à la lumière ! Une fois qu'il a dépassé ses voisins, ceux-ci n'ont plus qu'à disparaître.

Le hêtre ne dit pas "Bonjour" au chêne : il lui dit "Adieu", dira un forestier.
Si le chêne est le roi de la forêt, le hêtre en est la reine, dira un second.

Cependant, si le hêtre se trouvait alors dominant, la forêt n'avait pas du tout ce visage de cathédrale : c'était un patchwork de placettes de hêtres, avec quantité d'autres essences aussi bien dans l'étage dominant que dans les étages intermédiaires, avec du bois mort en travers, des trouées dans lesquelles s'installaient des fourrés de régénération naturelle, etc.

Mais alors, comment sont nées ces fameuses cathédrales de hêtres?


Au début du règne autrichien, la forêt de Soignes était dans un état critique (selon les gestionnaires d'antan) du fait de sa surexploitation durant des siècles, pour le bois de construction, le bois de guerre et le bois de feu, la production de charbon de bois, le tout sans plan de gestion appliqué, et donc sans aucun programme de plantations (l'application des premiers plans de gestion forestière mis en place sous Charles Quint a été bouleversée par les différentes guerres qui ont secoué la région). Mais ce n’est pas tout : de nombreux droits d’usages permettaient aux habitants des hameaux avoisinants de venir en forêt de Soignes y ramasser le bois, "mort-bois" et bois de chauffe (affouage), et prélever de menus produits, entre autres le droit de glanage - ramassage de glands, faines et autres fruits des bois pour se nourrir (farines) ou nourrir le bétail - et droit de pâturage (aussi appelé pacage) des moutons et cochons (panage), privant ainsi la forêt de sa capacité à se régénérer naturellement et entraînant un tassement des sols.

C'est dans la seconde moitié du XVIIe siècle que Joachim Zinner, aménagiste autrichien, a été désigné pour restaurer les massifs de la forêt de Soignes. Il a appliqué une méthode de sylviculture du hêtre, dite « tire et aire » permettant de produire un maximum de volumes de bois de hêtre, excellent bois de construction (parquets, escaliers, portes, etc) avec un minimum de défauts et en un minimum de temps.

Son plan de gestion est simple :
  • Reboiser/restaurer des zones en friche sur plus de 1000 ha
  • Planter par bandes successives (de 30 ha) de nouveaux peuplements après abattage du peuplement résiduel, procéder de même dans les peuplements à maturité
  • Planter une seule essence : le hêtre (quoique des documents semblent attester qu'il plantait toujours d'autres essences sur 20% de la superficie)
  • Plantations à forte densité : plus de 2500 plants/ha, soit moins  de deux mètres entre chaque arbre (les écarts entre les plants étaient compris entre 1,5 et 2m); tous les arbres ont le même âge
  • Première éclaircie* opérée à 80 ans
  • Abattage du peuplement à 110 ans, avec maintient d'au moins 30 arbres par hectare comme arbres d'ensemencement
  • Ensuite on recommence via une régénération naturelle, complétée si nécessaire par des plantations.

Ci-dessus et ci-contre: plans de J.Zinner
(Source : Bruxelles Patrimoines)


Ces plans montrent bien le caractère régulier de ses peuplements : parquets réguliers et successifs au sein desquels les arbres ont le même âge, permettant une planification des interventions (élagages, éclaircies, récolte) de façon systématique.
C'est l'illustration-même de la notion de futaie régulière

Le jeune peuplement ainsi mis en place suit une phase de compression à l'ombre de la réserve. Cette réserve est ensuite abattue pour laisser place à la phase de croissance de la futaie*, cela permettant également de récolter des bois de grosses dimensions.
Alors que la phase de croissance permet le développement des houppiers* et la croissance en diamètre des arbres, la phase de compression vise, elle, à favoriser la croissance verticale et l'élancement des arbres :

Photo : La forêt de Soignes
Connaissances nouvelles pour un forêt d'avenir (cfr. Bibliothèque)
Cette phase imposait une concurrence importante entre les arbres : le hêtre ayant un houppier dense, son feuillage laisse passer peu de lumière dans le sous-bois. Les arbres surcimés (dépassés par leurs voisins) s'étiolaient, stagnaient ou mouraient, privés de lumière. Et pour finir, cette concurrence extrême a eu pour effets de forcer l'élagage naturel* et d'amener les arbres à développer un port* élancé et étroit, au tronc "propre" et à la cime étroite.
La forêt alors, comme nous le montre la photo ci-contre, n'a pas belle allure. "Elle ressemble à un magasin de cannes" lit-on à l'époque (Source : La forêt de soignes - Connaissances nouvelles pour une forêt d'avenir).


Enfin, Zinner - ou plutôt ses successeurs, puisque le temps forestier dépasse le temps de l'Homme - exploitait ses peuplements au stade "Gros bois" pour redémarrer une nouvelle phase de régénération. Ensuite, le terme d'exploitabilité* a été reporté à 130 ans, et ce n'est que pendant une petite poignée de décennies, dans le stade "très gros bois", que la hêtraie dite 'cathédrale' s'exprime dans sa splendeur.

RN=régénération naturelle; RA= régénération artificielle
Chablis= arbre basculé par le vent



Et finalement, ce que nous en connaissons aujourd'hui résulte du maintient de ces peuplements au delà des 110 ans initialement prévus, et bien au delà des 130-150 ans de vitalité des hêtres. En effet, dès le tout début du XXe siècle, le secteur tertiaire se développant, la forêt s'ouvre à la promenade et à la détente des bruxellois - du moins ceux des catégories sociales pouvant se permettre de se détendre en forêt.

Rapidement, de nombreuses voix s'élevèrent contre la gestion de la forêt et les abattages importants en coupes à blancs*. Les arbres ont alors atteint des dimensions impressionnantes, tant en hauteur qu'en diamètre.
La régularité des peuplements - les lignes des plantations étant encore visibles ça et là - ainsi que la rectitude des troncs leur font ressembler aux colonnes des cathédrales dont le toit, formé par les cimes des arbres au feuillage si dense, laisse filtrer la lumière comme à travers des vitraux.
C'est ainsi que l'appellation "Hêtraies cathédrales" naît dans l'esprit de l'école de peinture de Watermael-Boitsfort et au sein de la très jeune Ligue des Amis de la forêt de Soignes qui naît en 1910.

Aujourd'hui, en de nombreux endroits, sommes-nous encore véritablement dans une cathédrale? Les peuplements sont arrivés au stade dit d'effondrement : des arbres sont tombés, ont cassé, les trouées se sont agrandies au fil du temps et des épisodes de grands vents successifs, laissant ça et là de micro-clairières internes permettant le développement de la ronce, puis des bouleaux, des saules, et progressivement des hêtres ou des érables. C'est tout bénéfice pour la biodiversité, mais que reste-t-il du patrimoine classé?




L'avenir nous met face à de nombreux défis pour la gestion de la forêt de Soignes : réchauffement climatique, gestion du patrimoine historique et paysager de notre sylve. Il est opportun de se poser quelques questions avant d'envisager le futur :
Qu'en est-il réellement de notre hêtraie cathédrale aujourd'hui?
Qu'en est-il de son avenir si l'on prend en compte les prévisions du GIEC quant à l'évolution de notre climat au terme de (désormais moins de) 100 ans?

Quelques pistes de réponses dans un prochain article.

SOURCES:
- Cfr l'onglet Bibliothèque
- Bruxelles Patrimoine
NB : les termes techniques marqués d'un astérisque renvoient vers le lexique sous l'onglet "Sylviculture"
Merci à F. Vaes, ingénieur principal, chef de cantonnement, pour sa relecture, ses précisions, et l'apport des citations des deux forestiers.

8 février 2022

Indice Kilométrique d'Abondance ("IKA" pour les intimes)


Depuis plusieurs années déjà, nous pouvons régulièrement lire, voir et entendre dans les médias les témoignages de signes inquiétants de diminution de la population de chevreuils dans notre belle forêt (cfr réf. en fin d'article). On fait référence dans ces articles à l'indice kilométrique d'abondance, à l'élaboration duquel les services forestiers des trois régions gestionnaires du massif participent depuis 2008 sous la coordination de l'asbl Wildlife and Man, où collaborent les centres de recherches DEMNA (Région Wallonne) et INBO (Région Flamande).

Indice Kilométrique d'Abondance, très bien, mais c'est quoi?

Nous ne possédons pas de données précises sur le nombre de chevreuils présents sur l'ensemble du massif sonien. Si l'on se penche sur la littérature, les chiffres oscillent, selon les sources et les périodes, entre 150 et 300 chevreuils pour les 4600 ha (estimation de 250 chevreuils en 2008).

La raison de cette imprécision relève de la difficulté de procéder à un recensement exhaustif : il faudrait une armée d'observateurs qui puissent parcourir le massif "en tirailleurs" - c'est à dire en lignes parallèles espacées entre elles de plusieurs centaines de mètres - et qui enregistreraient chaque observation. Un tel investissement en temps et en personnel rend la méthode difficile à mettre en place. Difficile et fortement perturbante pour la faune.

L'IKA est, comme tout indice, un outil statistique. Il représente la moyenne du nombre de chevreuils observés par kilomètre (nombre de kilomètres parcourus divisé par le nombre de chevreuils observés). Si l'on ne peut connaître le nombre précis et absolu de chevreuils, on a cependant grâce à l'IKA un outil de suivi de la population qui permet, au fil des répétitions, d'en suivre les tendances d'évolution.

Indice Kilométrique d'Abondance, très bien, mais comment?

Un maillage de vingt-cinq parcours a été établi en 2008 sur l'ensemble du massif, ces parcours de 4,1 km à 6,2 km se jouxtant de proches en proches. Quatre fois par an (plus une fois par des bénévoles de Natagora), durant le même mois, le même jour, à la même heure et pendant le même laps de temps, chaque parcours est emprunté par un opérateur qui marchera à allure modérée, jumelles en main et regard scrutateur. À chaque poste où un(des) chevreuil(s) sera(seront) observé(s), l'opérateur notera le poste sur la carte et remplira le tableau en indiquant l'heure de l'observation et la constitution du groupe : nombre d'animaux, sexes et stades si identifiables, et - si les animaux prennent la fuite - la direction en sera indiquée sur le plan afin de recouper les éventuels doubles observations. Pour cela, il est également essentiel d'indiquer le sens parcouru par l'opérateur.

Matériel : Carte et stylo, jumelles, télémètre, montre (ou smartphone sur silencieux), farde de protection en cas de pluie

  
  











Les données d'observations ainsi récoltées par chaque opérateur sont ensuite centralisées et analysées par les scientifiques du DEMNA et de l'INBO.

Quelles sont les conclusions?

Si jusqu'en 2014 cette population de chevreuils semblait relativement stable, nous constatons depuis plusieurs années une baisse significative du nombres d'observations récoltées. Quelques pistes ont été explorées par les scientifiques : développement du sous-bois par l'installation de régénérations naturelles de la forêt, les fourrés de jeunes arbres représentant un obstacle visuel rendant plus difficiles les observations, mais également la fréquentation sans cesse croissante du public au sein du massif. Dès les premières années déjà, alors que nous opérions nos comptages au lever et au coucher du soleil, nous avons dû rapidement nous résigner à abandonner ces derniers : la forêt était fréquentée jusque tard dans la soirée par de nombreux promeneurs, cyclistes et joggeurs. Nous avions également dû nous résigner à abandonner deux parcours sur lesquels aucun chevreuil n'avait été observé.

Mais ces dernières années, nous constatons que cette fréquentation se fait également de plus en plus tôt en journée : dès l'aube naissante, les promeneurs, mais également les navetteurs à vélo, sont déjà nombreux sur les parcours et leurs abords.

Aujourd'hui, les scientifiques se prononcent pour conclure à une diminution des observations liées à une diminution de la population de chevreuils, couplée à des observations rendues plus compliquées du fait du développement du sous-bois. Si les causes de cette diminution de la population sont multifactorielles, la surfréquentation de la forêt serait belle et bien la principale cause de la chute des observations du chevreuil en Soignes, par la perturbation des animaux, la réduction des espaces de quiétude et de refuges, et peut-être une conséquence en terme de baisse de natalités.

Un profond dilemme se présente dès lors : deux fonctions essentielles de la forêt de Soignes (la fonction sociale et récréative d'une part, et la fonction écologique d'autre part, deux fonctions pourtant conciliables) semblent soudain entrer en opposition. D'autant que, rappelons-le, le chevreuil est la partie visible de l'iceberg de la diversité animale en forêt et que, si sa population est impactée, les populations des autres espèces le sont probablement aussi (mustélidés et rongeurs, oiseaux nicheurs au sol ou près du sol, oiseaux d'eau, reptiles et amphibiens).

Quelle solution apporter à cette situation? Adopter les "bons gestes" présentés par la Fondation Forêt de Soignes dans le cadre de l'action "Tous ensemble pour la forêt de Soignes" dont la première édition a eu lieu a eu lieu en 2021 et qui sera reconduite le 20 mars prochain dans le cadre de la Journée Mondiale de la Forêt. Parmi les bons gestes sont encouragés le fait de tenir les chiens en laisse et de rester sur les chemins.


Je remercie S.Vanwijnsberghe et F.Vaes pour leur relecture.

Sources :

Mission d'appui pour la mise en place d'un recensement des chevreuils dans le massif sonien - Rapport final (2008)

Bruxelles Environnement (rapport disponible en bas de page)

Fondation de la forêt de Soignes

Natagora

Coupures de presse :

Bruxelles Environnement

Communiqué de la Fondation de la forêt de Soignes

RTBF (06/02/2017)

Le Soir (28/02/2018)

La Première (04/11/2021)

BX1 (04/11/2021)

Le Soir (04/11/2021)

Dernière Heure (05/11/2021)

La Capitale (04/11/2021)


6 février 2022

Bonne année 2022

 

Dessin affiché au parking des Enfants Noyés au lendemain de la Journée de la Forêt de Soignes (Édition 2020)

L'année 2021 aurait sans doute pu être pire, gageons que 2022 sera meilleure!


(Merci à l'auteure de ce dessin, laissé affiché jusqu'à ce que les intempéries aient raison de sa fragilité)

2 octobre 2021

Journée de la forêt de Soignes 2021

 


C'est ce 17 octobre 2021 qu'aura lieu la journée de la Forêt de Soignes.

Comme lors des éditions précédentes, de nombreuses activités, démonstrations et visites guidées seront organisées au départ des portes d'entrées situées sur les trois régions de la forêt de Soignes.

Le rendez-vous final se fera, comme l'année passée, au Centre d'Arts de Rouge-Cloître, à Auderghem.

Le programme continue de s'étoffer, il est consultable sur la plateforme de la fondation de la forêt de Soignes

Comme l'année passée, je propose deux activités sur la journée, et je participerai à une troisième :

10 h : Promenade guidée

RdV au parking des Enfants Noyés (croisement drève des Tumuli et drève du Comte (Prox. arrêt STIB "Coccinelles", et De Lijn et TEC "Hippodrome")

Je présenterai tout au long d'une promenade autour du vallon des Enfants Noyés un aperçu historique de la forêt, les différentes fonctions qu'elle a été amenée à remplir au cours de son histoire jusqu'à nos jours, ainsi que les objectifs visés par le plan de gestion bruxellois et les défis à relever face au changement climatique. Enfin, en fonction de ce qui nous sera éventuellement possible d'observer, je parlerai de sa biodiversité animale et végétale.

Durée : +/- 3 h (< 3km)


14 h : Action de gestion

RdV chemin des Deux Montagnes, au croisement du sentier du Vuylbeek et du sentier des Endymions (prox. parc Tournay-Solvay, jardin potager et verger)

Sur le site néolithique de Watermael-Boitsfort, gestion de la régénération naturelle des bouleaux et saules en faveur du développement d'essences telles que le pin sylvestre, le mélèze, le douglas, le hêtre, le chêne et le châtaigner, essences privilégiées sur ce site.

Prévoir vêtements solides et gants (présence de ronces)

Durée : 1h30


16 h : Démonstrations de trompe de chasse

RdV devant le centre d'art de Rouge-Cloître

Le Cercle Royal Saint Hubert de Bruxelles fera une prestation dans la cour faisant face au centre d'art et à la maison du Prieur. Un de mes collègues gardes forestiers et moi-même, désireux de retisser les liens que cet instrument a longtemps connu avec la forêt de Soignes et notre métier, faisons partie de ce très vieux cercle de trompe de chasse.

Instrument représenté sur le blason de l'administration forestière en région wallonne et en région bruxelloise, la trompe a en effet été traditionnellement sonnée par de nombreux gardes forestiers.


Cantonnement des Eaux et Forêts de Watermael-Boitsfort
1902


25 septembre 2020

Journée de la Forêt de Soignes 2020


Autre événement à retenir : le 18 octobre 2020

Ce jour-là se tiendra la quatrième édition de la Journée de la Forêt de Soignes, revue  ici aussi exceptionnellement dans une version "light", privée des grands stands d'accueil et de sa soirée festive que nous avons connus les années précédentes. Un accueil intimiste donc, en différents lieux répartis sur les trois régions pour des ateliers, démonstrations et visites dont le programme est encore en préparation.

L'agenda des activités se remplit petit à petit, il est conseillé de le consulter régulièrement jusqu'à sa conception finale.


D'ores-et-déjà, j'aurai le plaisir d'animer deux activités :

Le matin :

Une visite guidée de +/- 3km autour du vallon des Enfants Noyés qui me permettra de vous présenter les multiples facettes qui font de cette forêt un patrimoine d'exception, ainsi que vous faire connaître les raisons de sa gestion à travers ses différentes fonctions.


L'après-midi :

Une action de gestion sur le site néolithique de Watermael-Boitsfort. Il s'agira de gérer la concurrence qu'exercent les bouleaux sur la régénération naturelle de pins, de mélèzes et des autres essences (chênes, hêtres, châtaigniers, houx) à privilégier sur la grande clairière qui a résulté de l'exploitation du vieux peuplement de hêtres qui pré-existait.


Pourquoi avoir exploité les hêtres sur ce plateau? Quel type de peuplement cherchons-nous à obtenir? Dans quel but? Ces questions n'auront plus de mystère pour vous au terme de ses activités.

Mes collègues ne seront pas en restes puisque Martine Coulon guidera une balade contée à Rouge-Cloître.




Et ce fut un franc succès : en dépit des circonstances, les différentes activités ont rencontré un vif intérêt de la part du public.

De mon côté, il y avait foule à la visite guidée du matin.

L'activité de gestion proposée l'après-midi a été réalisée avec l'aide d'une douzaine de personnes enthousiastes.

31 août 2020

Rouge-Cloître en fête

Après une trop longue absence, et devant le témoignage d'intérêt accordé à mon blog, je reprends le suivi.

Et en attendant une série d'articles de fond sur la Hêtraie Cathédrale, sa gestion et les défis auxquels celle-ci devra répondre face au changement climatique, je vous invite à noter ceci dans votre agenda :



Les 13, 20 et 27 octobre 2020

En raison de la crise sanitaire, il a été décidé d'annuler la fête annuelle de Rouge-Cloître telle qu'elle était organisée les années précédentes.

Cet événement d'envergure se verra cependant remplacé par une série de weekend d'événements plus "intimistes", rassemblant différentes activités autour de ce merveilleux site.





Voici le programme des festivités prévues :


A vous y rencontrer.


9 octobre 2019

Lancement de l'application Forêt de Soignes


Cette troisième Journée de la Forêt de Soignes verra le lancement officiel de l'application Forêt de Soignes.

Lancée en phase test depuis le mois de juin, la version définitive sera disponible pour Iphones, Ipads, smartphones et tablettes Androïde dès ce 20 octobre.

Développée grâce à la collaboration de volontaires, des gestionnaires des trois régions et des partenaires de la forêt de Soignes, ainsi que grâce à une opération de crowdfunding, cette application offre une cartographie interactive - offrant la possibilité, par exemple, de planifier des circuits de promenades ou de jogging - ainsi que l'accès à une quantité importante d'informations sur notre forêt.

Elle permettra enfin de connaître l'agenda des activités proposés par les différentes associations actives au sein de la forêt de Soignes.

Journée de la Forêt de Soignes 2019


À noter dans vos agendas : la troisième Journée de la Forêt de Soignes se tiendra le dimanche 20 octobre dès 10 heures

Au départ de Groenendael, où seront concentrés les principaux stands d'accueil, de multiples activités, des jeux, des promenades guidées, des démonstrations et présentations d'informations vous seront proposées au départ des différentes portes d'entrée.

Ce sera le moment de découvrir notre forêt en famille.

À la porte de Watermael-Boitsfort, votre serviteur vous proposera une mini-conférence sur la gestion de ce massif d'exceptions ainsi qu'une visite guidée permettant de se rendre compte des enjeux et des objectifs de gestion d'une telle forêt, mais encore des défis à relever face aux changements climatiques.



Programme complet :
http://journeedelaforetdesoignes.be/programme/?

12 avril 2019

In memoriam

Claus Ernst Geyer a arpenté en profondeur le massif interrégional de la forêt de Soignes.
Passionné d'ornithologie, il y a notamment fait l'inventaire des nids d'autours des palombes. La précision dont il a fait preuve dans la réalisation de ce travail et son suivi annuel ont permis aux gestionnaires des trois régions d'obtenir des informations précieuses sur l'état de santé de la population de ce rapace devenu emblématique de notre forêt.
Nous sommes nombreux, gardes forestiers et naturalistes, à l'avoir rencontré au fil de ses recherches et à avoir pu apprécier sa personnalité et sa passion.

Nous avons appris son décès survenu ce 7 avril à Bruxelles à l'âge de 78 ans.

Les forestiers et biologistes de Bruxelles Environnement, du DNF et de l'ANB se joignent à ses proches en pensées.

Autour des palombes (Accipiter gentilis)
Forêt de Soignes, triage de Boendael

5 décembre 2018

Un point sur la promenade des chiens en forêt

(© E.Collet)


Les usagers de la forêt de Soignes sont souvent perdus devant la réglementation liée à la promenade du chien en forêt.

De leur côté, les forestiers sont face à une problématique croissante portant atteinte aux fonctions de ce massif forestier exceptionnel aux portes de la capitale.




"Qu'en est-il de la promenade des chiens en forêt de Soignes : laisse ou pas laisse?"


En Belgique, le Code Forestier prévoit l'obligation de tenir son chien en laisse dans les bois et forêts, partout et à toute heure, toute l'année. C'est donc cette règle qui prévaut dans les parties wallonne et flamande de la forêt de Soignes.

Dans la partie bruxelloise, cependant, il a été décidé de désigner des zones dans lesquelles la laisse est obligatoire : Zones de Protection Spéciale (ZPS), réserves naturelles (zones humides et étangs entre autre), réserves forestières et archéologiques.
En dehors de ces zones, la laisse n'est donc pas obligatoire, mais cela ne veut pas dire pour autant que les chiens peuvent courir librement : le Code Forestier régional prévoit que le propriétaire d'un chien a l'obligation d'en garder la maîtrise à tout moment (art.176bis)

En région bruxelloise, les gardes forestiers accompagnés de leur chien sont soumis aux mêmes règles.

"Mais qu'est-ce que mon chien fait de mal?"


Toute la problématique liée aux chiens en forêt de Soignes est relative aux chiens non-maîtrisés.
Ces derniers ont un impact important sur deux fonctions essentielles de la forêt:

Comment assurer la libre circulation des autres usagers?
Triage de Boendael, Uccle

La fonction récréative : il revient de la responsabilité du propriétaire de chien de ne générer aucune gêne pour les autres usagers. Nous recueillons plusieurs fois par semaine de multiples plaintes de promeneurs - y compris des promeneurs avec chien - qui ne se sentent plus en tranquillité, voire en sécurité, lors de leur jogging ou leur promenade.
La libre circulation des véhicules du personnel forestier ou des services de secours doit être assurée également.






Renard attaqué par des chiens
Bois du Laerbeek, Jette
(© E.Collet)
La fonction écologique : l'impact des chiens non maîtrisés sur la biodiversité est lourd. Songez que la forêt de Soignes abrite une faune diversifiée et parfois rare et menacée.
En effet, tous les mammifères sont impactés par la liberté des chiens (chevreuils, mais aussi renards, mustélidés, hérissons, lapins), les reptiles et amphibiens le sont tout autant (dont la rare et menacée salamandre tachetée), mais également près de 20 espèces d'oiseaux vivant et/ou nichant au sol ou près du sol (dont la rare bécasse des bois). Enfin, tous les oiseaux d'eau sont impactés (dont les timides râles d'eau et grèbes castagneux)

Brocard de 20kg tué par un chien
Triage de Bonne-Odeur, Watermael-Boitsfort

Bécasse des bois
Ce petit échassier forestier vit, se nourrit et niche au sol toute l'année


Le timide grèbe castagneux
Etang du fer à cheval, triage de Boendael, Watermael-Boitsfort
Il fait son nid à la surface de l'eau, dissimulé dans la végétation
Un chien dans l'étang du Fer à Cheval
Le nid de grèbes castagneux a été détruit par le chien.
Les parents ont déserté l'étang

(© E.Collet)


Enfin, et c'est le plus important, l'impact n'est pas à évaluer à l'échelle individuelle d'un promeneur et de son chien, mais à l'échelle de la fréquentation de la forêt de Soignes : le massif a reçu, durant l'année 2010-2011, près de 10.000 visites par hectare par an au niveau de la porte d'accueil Bois de la Cambre/Hippodrome de Boitsfort soit, pour 100 ha, 1.000.000 de visites en un an. Plus d'un tiers de celles-ci se sont faites avec au moins un chien (chiffres de 2012). Si ce chiffre n'est pas extrapolable à l'ensemble du massif, puisque la plus forte concentration du public s'exprime précisément aux porte d'entrées, nous constatons sur le terrain qu'il est représentatif de la fréquentation des autres portes d'accueil (parc Tournay-Solvay/Promenade Verte, Rouge-Cloître, domaine régional Solvay, Midden Hut, Groenendael/Koningsvijvers, Jesus-Eik/Arboretum, park van Tervuren). Cela représente dès lors un impact d'échelle non négligeable.

"Très bien. Mais garder la maîtrise de son chien, ça veut dire quoi?"


Cela veut dire être simplement en mesure d'éviter
  - qu'il s'éloigne en dehors des chemins
  - qu'il se baigne dans les étangs et les ruisseaux
  - qu'il incommode les autres usagers
  - qu'il gène la circulation des véhicules forestiers ou de secours

"Un chien qui marche sans laisse devrait marcher près de son maître", ce qui permettra à ce dernier d'être en mesure d'anticiper les actions ou réactions de son chien.

Cela implique la nécessité d'être en interaction permanente avec son chien, de le garder à vue à tout instant, de le rappeler régulièrement. S'il court et joue, cela doit être avec son maître et non avec un joggeur croisé au hasard ou derrière un chevreuil ou un canard.

Ceci semble contraignant ? C'est pourtant la promesse pour le chien et son maître de jouir ensemble de la promenade.

Cependant, ceci n'est possible que durant le jour, lorsqu'on est en mesure de voir son chien et son environnement. La nuit, préférez promener votre chien en laisse.

Pour conclure : soyez acteurs de la forêt et non simples consommateurs, elle vous le rendra en mille.

Informations utiles :