18 juin 2013

Orchidées bruxelloises

Le savez-vous? La région bruxelloise abrite six espèces d'orchidées! Bien sûr, il faut avoir l’œil pour les découvrir car elles ne sont pas aussi spectaculaires que les orchidées exotiques vendues chez les fleuristes. Cependant, pour l'observateur éclairé, il en est au moins une qui pourra être observée facilement malgré sa floraison discrète :




L'helléborine, ou épipactis à large feuille (Epipactis helleborine). Sa floraison débute habituellement en juin et, en forêt de Soignes, ne s'étend pas au delà de juillet alors que la flore française renseigne une floraison étalée de juin à septembre. C'est la plus fréquente des orchidées bruxelloises, et celle dont l'aire régionale de répartition est la plus étendue. On la trouve en effet aussi bien en Soignes que dans les bois périphériques.

La néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus avis), quant à elle est nettement plus rare, exceptionnelle, même! En dix ans, je n'en ai vu qu'un seul exemplaire... dont j'ai réussi à louper la photo! (Source photo : Jérôme Salvi sur beauté sauvage).
Il s'agit probablement de l'orchidée la plus incroyable de notre flore : elle ne possède pas de chlorophylle et n'assure donc pas de fonction chlorophyllienne, c'est à dire qu'elle n'est pas capable de synthétiser les sucres nécessaires à son métabolisme. Ses sucres, elle doit les trouver ailleurs! Et c'est en semi-parasite que cette orchidée obtient ses glucides. Elle pousse sur un champignon qui vit en symbiose avec un arbre : le champignon reçoit de l'arbre des glucides en échange d'éléments minéraux que l'arbre n'est pas en mesure d'assimiler seul ; l'orchidée puise à son tour ses glucides sur le champignon.




L'orchis tacheté des bois, ou orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) est très présent au Laerbeek, même si fort géolocalisé. Le feuillage basilaire marbré le fait passer totalement inaperçue jusqu'à sa floraison à cheval sur juin et juillet : la hampe florale peut atteindre 70-80cm et porte un bel épi de fleurs blanches marquées de pourpre.



La double-feuille, ou listère ovale (Neottia ovata) est encore une orchidée qui pourrait passer totalement inaperçue tant ses fleurs vertes sont invisibles au sein de la végétation. Deux grandes feuilles ovales à la base d'une hampe florale qui mûrit au mois de mai devraient dissuader le promeneur du Poelbos de quitter les chemins de peur de l'écraser. Cette photo est prise au bois de Laerbeek, mais il en existe une petite station en forêt de Soignes, sur le triage de Boendael.



La présence de l'ophrys abeille (Ophrys apiphera) aux abords du Laerbeek est spectaculaire! Il s'agit d'une espèce calcicole. Or Bruxelles ne se trouve pas vraiment dans une région calcaire. C'est une orchidée rare et précieuse, aux fleurs dignes des plus belles exotiques - quoique de taille plus modeste. Je me garderai bien de renseigner sa localisation. Du reste, je ne l'ai pas retrouvée cette année...




De même que l'orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa), une orchidée pyramidale à la floraison fushia remarquable, dont je n'ai vu également qu'un exemplaire à Jette - et que j'ai photographiée des centaines de fois pour être sûr d'en avoir au moins un bon cliché... Pas revue cette année.