16 mars 2015

Le temps du rajeunissement #1

Pour aborder le sujet de la régénération artificielle de la forêt, il m'a été difficile de décider par où commencer : le syndrome de l’œuf et de la poule. Car qu'est-ce qui débute le processus? Est-ce l'abattage du peuplement mature ou la plantation du futur peuplement? Je fais le choix de la deuxième option.

Encore que la mise en place de cette plantation est elle-même précédée de tâches préliminaires incontournables : le devis de plantations que rédigera le garde forestier, comprenant l'analyse stationnelle de la parcelle, les essences qu'il plantera, la commande des plants et la préparation de la parcelle par les ouvriers forestiers. Je reviendrai sur ces étapes un autre jour. La commande des plants prévoit la sélection du pépiniériste sur base de critères de qualité des plants définis dans le cahier des charges.

Une des opérations les plus importantes dans le cadre d'une régénération forestière est la réception des plants, opération dont le but est de contrôler la qualité des plants livrés et le respect du cahier des charges : origine des graines dont les plants sont issus, respect des conditions de transport, nombre de plants, dimensions, rectitude des tiges, état racinaire, absence de blessures, nécroses ou défauts, etc. Le travail ne manque pas et le personnel de chaque brigade, gardes et ouvriers, participe à l'opération.


Livraison des plants :
Les plants doivent être protégés du dessèchement durant le transport : dessèchement de la tige et de ses bourgeons comme des racines. Tout camion qui arriverait avec du matériel non bâché serait immédiatement renvoyé, son chargement refusé.






Briefing des gardes et contrôles des papiers :
Le briefing vise à faire le point sur la méthodologie du contrôle, avec une analyse de la façon dont il a été opéré l'année précédente. L'ingénieur contrôle ensuite les certificats qui attesteront du respect du cahier des charges, principalement en ce qui concerne la provenance génétique des plants. Une des clauses majeures du cahier des charges prévoit en effet que les plants livrés soient de provenances recommandables. Le respect des provenances sera le garant de l'adéquation des plants avec les conditions de station de la parcelle où ils seront installés (nature et texture du sol, altitude, climat).

Déchargement et distribution :
Les ouvriers forestiers aident au déchargement du camion et, sous les directives des chefs de brigades, répartissent les bottes de plans, essences par essences, en fonction des commandes de chaque brigade. Les plants sont immédiatement placés à l'abris de bâches avant le contrôle.



 



Contrôle statistique :
En fonction des essences, les gardes prélèvent, au hasard, un nombre déterminé de bottes de plants afin d'effectuer un échantillonnage statistique qui sera contrôlé.
Le contrôle porte sur le respect du nombre de plants par bottes, le respect des dimensions des plants, leur état de fraîcheur (bourgeons et racines), la force du collet, la rectitude de la tige et du système racinaire, la présence suffisante de chevelu racinaire, l'absence de défauts (fourche, déséquilibre du plant, ...) ou de blessures, etc.






Transport vers les différentes brigades :
Si l'on attache de l'importance à la protection des plants lors de leur transport depuis la pépinière jusque chez nous, il s'agit de prendre les mêmes mesures lors de notre propre transfert vers les pépinières des brigades. Les plants sont donc chargés à bord des camions ou remorques et soigneusement bâchés.



Pralinage des racines :
De la bonne terre et de l'eau dans une bassine, voilà qui nous fait un bon pralin dans lequel seront trempées les racines des plants avant leur mise en jauge. Ça permettra de préserver le chevelu racinaire du dessèchement. Plus tard, au moment de la plantation, un pralinage offrira de meilleures conditions de reprise des plants.




Mise en jauge :
Il peut se passer plusieurs semaines entre la réception des plants et leur plantation effective. Il s'agit donc, encore et toujours, de protéger les racines de la dessiccation. Les plants sont donc disposés en jauge dans une pépinière forestière : couchés les uns contre les autres dans une succession de tranchées, partiellement recouvertes de terre pour protéger les racines, et orientés pour être protégés du vent.






La suite dans le prochain épisode : la plantation